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dimanche 16 juin 2024

11ème dimanche du temps ordinaire

année B

Qu’il est grand, l’amour passionné de Dieu pour l’homme !
 
    En clôturant le cycle de conférences de cette année pastorale qui a porté sur les vertus  théologales et cardinales, j’ai présenté, d’une façon très succincte, les vertus théologales dans les encycliques du Pape Benoît XVI : Deux Caritas est et Spe salvi. J’aimerais bien revenir sur une idée développée dans la première encyclique qui résume, à mon sens, toute la foi chrétienne.
 
    Au début de sa première encyclique Benoit XVI s’efforce, dans un geste théologique fort intéressant, de réconcilier deux termes grecs qui désignent l’amour : agapè et érôs. Même si le vocabulaire biblique utilise surtout le terme agapè et le vocabulaire philosophique le terme érôs, Benoît XVI nous invite, à juste titre, à ne pas opposer les deux mots et les deux dimensions de l’amour, car le mouvement de l’amour envers Dieu et envers l’homme ne peut être qu’un. En d’autres termes, il est erroné de comprendre l’agapè comme l’amour désintéressé et l’érôs comme l’amour intéressé, puisque le Pape montre aussi que l’amour de Dieu est à la fois agapè et érôs. C’est ce que l’encyclique appelle à partir du § 9 la nouveauté de la foi biblique. Cette nouveauté se montre à partir de la notion d’Alliance et s’accomplit dans le mystère de la Croix, puisque l’Alliance au sens biblique ne peut être comprise sans la notion de l’amour passionné, le désir de Dieu de rencontrer l’homme, de le sauver et de s’unir à lui. Toute l’histoire de Dieu avec l’homme se résume dans cette Alliance scellée comme un mariage entre Dieu et son peuple dans l’Ancien Testament, et entre Dieu et toute la création dans le Nouveau Testament, à travers le mystère pascal accompli par Jésus-Christ. C’est en ce sens que l’amour de Dieu est à la fois agapè et érôs, et par conséquent l’amour de l’homme, qui doit être à l’image de l’amour de Dieu, est également agapè et érôs.
    Laissons la parole au Pape qui nous livre une pensée, théologique et spirituelle, riche de conséquences :
« 9. Il s’agit avant tout de la nouvelle image de Dieu. 10. L’érôs de Dieu pour l’homme, comme nous l’avons dit, est, en même temps, totalement agapè. Non seulement parce qu’il est donné absolument gratuitement, sans aucun mérite préalable, mais encore parce qu’il est un amour qui pardonne. C’est surtout le prophète Osée qui nous montre la dimension de l’agapè dans l’amour de Dieu pour l’homme, qui dépasse de beaucoup l’aspect de la gratuité (Os 11, 8-9) […]. L’amour passionné de Dieu pour son peuple – pour l’homme – est en même temps un amour qui pardonne. Il est si grand qu’il retourne Dieu contre lui-même, son amour contre sa justice. Le chrétien voit déjà poindre là, de manière voilée, le mystère de la Croix : Dieu aime tellement l’homme que, en se faisant homme lui-même, il le suit jusqu’à la mort et il réconcilie de cette manière justice et amour ».
 
Père Charbel Maalouf
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NOTRE EGLISE
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ESPACE JEUNES
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