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dimanche 21 juin 2026
12ème dimanche du Temps Ordinaire 
Année A
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme »
 
Comment se fait-il que le Verbe qui s’est fait chair parle ainsi du corps ? Faut-il entendre dans cette parole une forme de mépris à l’égard de la réalité corporelle ? Mais le corps, autant que l’âme, n’est-il pas l’œuvre du Dieu créateur ? Comment donc accueillir cette parole du Christ sans tomber dans une compréhension erronée du corps, comme si celui-ci était secondaire, indigne ou mauvais ?
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Le christianisme est la religion de l’incarnation : le Fils de Dieu a pris chair, il a habité un corps, il a connu la fatigue, la souffrance et la mort. Plus encore, il est ressuscité dans son corps. La foi chrétienne ne peut donc jamais considérer le corps comme une prison dont l’âme devrait être délivrée. Le corps appartient à la bonté de la création et à la vocation éternelle de l’être humain. Nous ne croyons pas seulement à l’immortalité de l’âme, mais à la résurrection de la chair. La parole du Christ n’oppose donc pas le corps et l’âme comme deux réalités ennemies. Elle établit plutôt une hiérarchie entre ce qui peut être atteint par la violence des hommes et ce qui relève, en définitive, de notre relation à Dieu. Les hommes peuvent blesser le corps, parfois même lui donner la mort ; mais ils ne peuvent arracher à Dieu celui qui demeure fidèle. L’âme désigne ici le mystère profond de la personne, sa vie intérieure, sa liberté devant Dieu, cette communion que nul pouvoir terrestre ne peut détruire. 
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Il existe ainsi une symbolique spirituelle sous-jacente fort parlante : le corps peut représenter tout ce qui, dans notre existence, est fragile, visible et soumis aux puissances de ce monde ; l’âme renvoie à ce qui nous ouvre à l’éternité et nous établit dans la vérité de Dieu. Cependant, il ne faut pas comprendre cette symbolique à la manière d’un platonisme chrétien. Le message du Christ ne nous invite pas à regarder le corps comme le tombeau de l’âme, ni à fuir le monde créé. Il nous appelle à ne pas absolutiser la vie terrestre, tout en la recevant comme un don destiné à être transfiguré. L’expérience chrétienne ne consiste donc pas à délaisser le corps, à l’humilier ou à l’enterrer, mais à l’intégrer dans un chemin de conversion et de transfiguration. Le corps est appelé à devenir en définitive le lieu de l’expérience, de la présence et de l’amour : il n’est pas condamné à disparaître : il est promis à la gloire. À la lumière de la résurrection du Christ, le corps n’est plus un tombeau fermé, signe de mort et d’enterrement. Il devient, pour ainsi dire, un tombeau ouvert : signe de vie et de résurrection.  
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Père Charbel Maalouf
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