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2026
Année jubilaire
saint François
pour l’Eglise universelle
Surface granuleuse
dimanche 15 février 2026
6ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A
De la sagesse du monde à la sagesse de Dieu
 
Dans la première épître aux Corinthiens, saint Paul développe une opposition structurante entre deux formes de sagesse : la sagesse du monde (sophia tou kosmou) et la sagesse de Dieu (sophia Theou). Cette distinction ne relève pas d’un simple contraste intellectuel, mais engage une vision globale de Dieu, de l’homme et du salut. Elle se situe au cœur d’un dépassement qui révèle le paradoxe fondamental de la foi chrétienne.
La sagesse du monde, telle que Paul la décrit, renvoie à une logique humaine fondée sur la raison autonome, la puissance, la réussite et la reconnaissance sociale. À Corinthe, ville marquée par la culture grecque, l’éloquence, la philosophie et le prestige intellectuel, cette sagesse valorise ce qui est fort, visible et convaincant. Or Paul affirme avec force que cette sagesse, pourtant admirée, est incapable de conduire l’homme à la connaissance véritable de Dieu. Face à cette sagesse humaine, Paul annonce une sagesse radicalement autre : la sagesse de Dieu, qui se manifeste paradoxalement dans la croix du Christ. Aux yeux du monde, la croix est scandale et folie.
Ce paradoxe est central : ce qui semble faiblesse est en réalité puissance. La sagesse de Dieu ne se donne pas sous la forme d’une domination ou d’une supériorité écrasante, mais dans l’abaissement, l’humilité et le don de soi. En Jésus crucifié, Dieu ne s’impose pas par la force, mais se révèle dans l’amour livré jusqu’au bout. Ce paradoxe de la sagesse divine annonce et fonde le paradoxe de la foi chrétienne elle-même. Croire, ce n’est pas adhérer à une démonstration éclatante, mais consentir à une logique qui dépasse la raison sans l’abolir. La foi accepte que Dieu se révèle autrement que selon les attentes humaines. Elle reconnaît que la vérité ultime de Dieu ne se possède pas, mais se reçoit.
En définitive, le dépassement de la sagesse du monde par la sagesse de Dieu ne conduit pas à mépriser la raison, mais à la décentrer. La sagesse de Dieu, révélée dans la faiblesse de la croix, manifeste une puissance paradoxale qui ouvre à la foi, à l’espérance et à une compréhension renouvelée de Dieu et de l’homme. Ce paradoxe demeure au cœur de l’expérience chrétienne : là où le monde voit la faiblesse, la foi reconnaît la puissance salvatrice de Dieu !
Père Charbel Maalouf
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